4 maladies neurocognitivesAlzheimer, Corps de Lewy, vasculaire, frontotemporale #

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Le diagnostic est tombé hier : « maladie d'Alzheimer ». Ce matin, une question vous obsède.

Est-ce vraiment Alzheimer ? Ou autre chose ?

Le médecin a parlé de « corps de Lewy » pour la voisine, de « démence vasculaire » pour un collègue. Tout se mélange.

Vous cherchez à comprendre. À mettre un nom juste sur ce que traverse votre proche. Parce qu'un nom, c'est déjà un repère.

Voici les quatre principales maladies de la mémoire, leurs différences, et pourquoi ce diagnostic précis change l'accompagnement.

 
 

Vous avez peut-être passé des nuits à chercher sur internet, à comparer les symptômes, à douter du diagnostic. Cette inquiétude est normale : vouloir comprendre la maladie de son proche, c'est une façon d'aimer et de reprendre un peu de prise sur l'imprévisible. Ce guide vous donne des repères clairs pour distinguer ces quatre maladies, sans jargon, et pour mieux accompagner au quotidien.

 

4 maladies neurocognitives : Alzheimer, Corps de Lewy, vasculaire, frontotemporale - maeker.fr

 

Qu'est-ce qu'une maladie neurocognitive ? #

La « maladie neurocognitive » est une expression globale utilisée pour décrire une série de maladies cérébrales qui se manifestent par divers symptômes. Les symptômes courants comprennent la perte de mémoire, les troubles du jugement, les changements de personnalité et une incapacité à réaliser les activités quotidiennes. Cet article offre un aperçu des différents types de maladie neurocognitive et de leurs caractéristiques spécifiques.

La maladie d'Alzheimer représente à elle seule près de deux tiers des maladies neurocognitives diagnostiquées.

Pourquoi nommer la bonne maladie change tout #

Mettre un nom précis sur la maladie, au-delà du seul mot « démence », oriente concrètement l'accompagnement. Le diagnostic guide le choix des médicaments. Les neuroleptiques, ces médicaments prescrits contre l'agitation ou les hallucinations, sont par exemple dangereux dans la maladie à Corps de Lewy alors qu'ils sont parfois utilisés ailleurs. Il guide aussi les précautions du quotidien : vigilance sur les chutes dans la forme vasculaire, anticipation des hallucinations dans la forme à Corps de Lewy, accompagnement des changements de comportement dans la forme frontotemporale.

Une réalité complique souvent ce tableau : la démence mixte. Chez la personne âgée, plusieurs maladies coexistent fréquemment dans le même cerveau, le plus souvent Alzheimer associé à des lésions vasculaires. Le diagnostic devient alors une affaire de nuances, plutôt qu'une étiquette unique.

Une part de ces maladies reste évitable #

Voici une nouvelle qui redonne de la prise. Une large étude britannique a suivi près de 345 000 personnes pendant 14 ans. Elle estime qu'environ 40% des cas de démence pourraient être liés à 14 facteurs de risque sur lesquels il est possible d'agir (Zhang X, et al. J Nutr Health Aging. 2026). Parmi eux : l'éducation et la stimulation intellectuelle, l'audition, l'activité physique, le tabac, l'hypertension, le diabète et l'isolement social. Agir tôt sur ces leviers, c'est réduire le risque, même quand l'hérédité semble jouer contre soi.

Un point de vigilance concerne les somnifères et calmants pris au long cours. Une synthèse récente d'études suggère un lien entre l'usage prolongé de ces médicaments et un risque accru de maladie d'Alzheimer (da Silva AMP, et al. Drugs. 2026). Les travaux montrent une association, plutôt qu'une preuve de cause à effet : un échange avec le médecin traitant reste la meilleure piste avant tout changement de traitement.

1. La maladie d'Alzheimer #

La maladie d'Alzheimer représente 50-75% des cas de maladie neurocognitive. Elle se caractérise par l'accumulation, dans le cerveau, de deux types de dépôts anormaux : les plaques amyloïdes et les enchevêtrements de protéine tau (la « dégénérescence neurofibrillaire »). Ces dépôts gênent peu à peu la communication entre les neurones.

Ses symptômes les plus communs sont : les pertes de mémoire, difficultés de langage, troubles de la reconnaissance spatiale et visuelle, et altérations du jugement.

2. La maladie neurocognitive d'origine vasculaire #

La maladie neurocognitive vasculaire représente environ 17-30% des cas et résulte souvent de lésions cérébrales dues à des troubles vasculaires (comme par exemple des accidents vasculaires cérébraux).

Ses symptômes les plus communs sont : l'altération des capacités motrices, du jugement et de la planification.

3. La maladie à Corps de Lewy #

Comptant pour 10-15% des cas, la maladie à Corps de Lewy est marquée par des dépôts de protéines de Lewy dans les cellules nerveuses.

Ses symptômes les plus communs sont : les hallucinations visuelles, fluctuations dans la clarté de la pensée, problèmes de mouvement et compétences motrices altérées.

4. La dégénérescence frontotemporale #

Ce type de maladie neurocognitive touche surtout les lobes frontaux et temporaux du cerveau, les régions du comportement, des émotions et du langage. Elle débute souvent avant 65 ans, parfois dès la cinquantaine.

Ses symptômes les plus communs sont : les changements de personnalité marqués, difficultés linguistiques et comportement social inapproprié.

Autres maladies neurocognitives moins fréquentes #

Les autres formes de maladie neurocognitive, qui représentent également environ 5% des cas, incluent celles associées à la maladie de Parkinson, la maladie de Huntington, le VIH, la maladie de Creutzfeldt-Jakob et le syndrome de Korsakoff.

En fonction de la maladie sous-jacente, les symptômes peuvent inclure des changements cognitifs, des troubles du mouvement ou des altérations comportementales spécifiques.

Le nombre de personnes atteintes de maladies neurocognitives était de 55 millions en 2019, et les projections l'estiment à 139 millions en 2050.
– OMS, Global status report 2021
 

Questions fréquentes #

Comment savoir de quelle maladie neurocognitive souffre mon proche ?

Seul un diagnostic médical précis (gériatre, neurologue, consultation mémoire) peut le déterminer. Le diagnostic repose sur : examen clinique approfondi, tests cognitifs, imagerie cérébrale (IRM, scanner), parfois examens complémentaires. Évitez l'autodiagnostic : les symptômes se chevauchent largement d'une maladie à l'autre.

Une personne peut-elle avoir plusieurs types de démence en même temps ?

Oui, c'est fréquent, notamment la “démence mixte” (Alzheimer + vasculaire). Environ 30% des personnes âgées atteintes présentent plusieurs pathologies cérébrales combinées. Cela complique le diagnostic, pourtant la prise en charge adaptée reste possible.

La maladie à Corps de Lewy est-elle la même chose que Parkinson ?

Non, cependant elles sont liées. Les deux impliquent des dépôts de protéines de Lewy. Différence principale : dans Corps de Lewy, les troubles cognitifs et hallucinations apparaissent d'emblée. Dans Parkinson, les troubles moteurs dominent initialement, les troubles cognitifs viennent plus tard, parfois après plusieurs années.

Pourquoi diagnostiquer précisément si les traitements sont similaires ?

Le diagnostic précis oriente : le choix des médicaments (certains sont contre-indiqués dans Corps de Lewy), les précautions spécifiques (chutes dans vasculaire, hallucinations dans Corps de Lewy), le pronostic et l'évolution, les conseils aux familles adaptés à chaque maladie.

La dégénérescence frontotemporale est-elle héréditaire ?

Environ 30-40% des cas ont une composante génétique familiale. Si plusieurs membres de votre famille sont atteints avant 65 ans, une consultation génétique peut être proposée. La majorité des cas restent toutefois sporadiques, c'est-à-dire sans transmission familiale. Discutez-en avec un neurologue spécialisé.

 

À retenir : comprendre pour mieux accompagner #

Au matin du diagnostic, une question vous obsédait : est-ce vraiment Alzheimer, ou autre chose ? Vous avez maintenant des repères pour distinguer ces quatre maladies, et comprendre pourquoi le nom précis compte.

Ce soir, posez une seule question à la consultation mémoire ou au médecin de votre proche : « De quelle maladie précise s'agit-il, et qu'est-ce que cela change pour notre quotidien ? » La réponse orientera tout l'accompagnement.

Références #

 
 
À propos des auteurs

Dr Eric MAEKER
Dr Eric MAEKER
Médecin Gériatre
Médecin gériatre et psychogériatre, spécialisé en soins palliatifs gériatriques. Fondateur et président de l'association Emp@thies dédiée à l'humanisation des soins. Membre de comités pédagogiques de diplômes universitaires à Sorbonne Université. Auteur de publications scientifiques sur l'empathie médicale, les troubles neurocognitifs et la communication thérapeutique. Directeur de plus de vingt mémoires universitaires.
Bérengère MAEKER-POQUET
Bérengère MAEKER-POQUET
Infirmière Diplômée d'État
Infirmière diplômée d'État avec plus de quinze ans d'expérience hospitalière. Co-fondatrice et secrétaire de l'association Emp@thies. Co-auteure de publications scientifiques sur l'empathie médicale, l'annonce diagnostique et les soins centrés sur la personne. Formatrice en soins relationnels et accompagnement humaniste des personnes âgées.

 

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