Aider sa mère à distance : quand "faire pour" ne suffit plus #

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“On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux.” C'est tellement facile à écrire… Et tellement difficile à incarner, surtout quand il s'agit de nos proches.
– Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince

Aider sa mère à distance : quand "faire pour" ne suffit plus

 

Un message important, une réponse délicate #

Il y a quelques jours, j'ai reçu un message sur LinkedIn. Une femme — appelons-la Estève — me demandait conseil pour sa mère de 93 ans. Le message était chargé d'émotions contenues.

Sa mère vit seule dans une grande maison, à 500 kilomètres de là où Estève habite. Veuve depuis cinq ans. Arthrose généralisée, douleurs chroniques. Quatre passages d'auxiliaires de vie par semaine, une infirmière “deux minutes chrono” matin et soir. Une sœur vit à proximité et fait ce qu'elle peut.

Ce qui frappait dans son message, c'était le contraste : “Elle était la meilleure maman. Positive, encourageante, toujours pleine de projets. Depuis quelques années : négative, acariâtre, méchante parfois.”

Et cette phrase qui m'a serré le cœur : “Mes enfants ne veulent plus y retourner. Je n'en peux plus de ses reproches permanents.”

Mes hésitations avant de répondre #

Je dois être honnête : j'ai hésité avant de répondre. Pas par manque de temps, plus par doute de l'intérêt pour Estève.

C'est vrai, qui suis-je pour donner des conseils à quelqu'un que je ne connais pas, sur une situation que je ne vis pas ? Un gériatre qui reçoit un message de quelques lignes peut-il vraiment aider ? Ne risquais-je pas d'être trop direct, trop dans le conseil, trop invasif, trop brutal ?

J'ai posé d'emblée mes limites : “Je ne peux pas faire de prescription ni donner d'avis médical.” C'était vrai, et aussi une façon d'éviter les fausses rassurances.

Et puis Estève m'a longuement répondu avec une authenticité désarmante.

Ce qui ressort de mes échanges avec Estève #

Au fil de l'échange, un tableau s'est dessiné. Estève n'était pas dans la culpabilité — elle fait huit semaines par an auprès de sa mère, difficile de faire mieux à 500km de là. Elle n'était pas non plus dans l'échec. Elle était dans une forme de tristesse partagée avec mère. Elle était triste de voir sa mère si triste depuis quelques mois.

Surtout, elle m'a révélé quelque chose d'essentiel : “Je suis plutôt dans l'action chez elle. Ménage de fond, jardinage. Je passe peu de temps à papoter. Elle souhaiterait plutôt ma présence à jouer au Scrabble ou à être tout proche d'elle.”

Voilà. Le cœur du problème était là, exprimé simplement.

Estève faisait pour sa mère. Sa mère voulait qu'elle soit avec elle.

Comment le faire entendre sur un message écrit sans porter de jugement ?

Le piège du "faire pour" #

Ce décalage est extraordinairement fréquent chez les aidants. Je le vois très souvent dans ma pratique.

Face à un parent qui vieillit, qui perd des capacités, notre premier réflexe est de compenser. Pallier au ménage parce qu'il n'est plus fait. Tailler les arbres du jardin parce qu'il est en friche. Ranger les papiers parce qu'ils s'accumulent. Remplir le frigo parce qu'il est vide (ou plein de denrées périmées).

Ces gestes partent d'un bon sentiment. Ils sont utiles, nécessaires parfois. Cependant, en y regardant de près, ils ont un effet contre-productif : ils transforment la relation d'amour en relation utilitaire.

La mère d'Estève ne l'appelait pas pour qu'elle vienne faire le ménage. Elle l'appelait pour la voir. Le ménage était peut-être un prétexte — un des ciments de leur relation, comme je l'ai suggéré à Estève.

Le "triple défi" des femmes aidantes à distance #

Ce que la littérature scientifique nous apprend c'est un “triple-bind” — le triple piège. Les femmes sont confrontées simultanément aux exigences de leur carrière, à l'éducation de leurs enfants, et aux soins d'un parent âgé. Cette triple contrainte engendre des sacrifices professionnels, des conflits familiaux et une détresse émotionnelle.

Les études montrent que les femmes ressentent plus de culpabilité que les hommes dans cette situation. Même quand frères et sœurs vivent à égale distance du parent, les femmes perçoivent cette distance comme un obstacle plus important. Elles voyagent plus souvent et plus loin que leurs homologues masculins pour voir leur parent.

Estève, elle, ne se reconnaît pas tout à fait dans ce schéma. Elle sait qu'elle en fait beaucoup — et elle a raison. Huit semaines par an, ses filles qui renoncent à Noël chez leur père pour le passer avec leur grand-mère.

Ce qu'elle ressent, c'est autre chose. Une tristesse qu'elle n'attribue pas forcément au triple-bind. Elle l'attribue plus au fait de voir sa mère s'isoler, ne plus répondre au téléphone depuis des semaines, ne pas sembler reconnaître tout ce que sa fille fait pour elle. Finalement à y regarder de près, c'est une des pressions du triple-bind. Cette idée à peut-être encore du chemin à parcourir chez Estève.

Quand la dépendance redistribue les places #

Estève m'a aussi raconté une autre scène qui illustre douloureusement ce décalage, vu depuis l'autre côté.

Lors d'un de ses séjours, une aide-ménagère venait parfois déjeuner avec sa mère. Pas dans le cadre de son travail — “par gentillesse”, m'a précisé Estève. Jusque-là, rien d'anormal. Une présence bienveillante, un moment de convivialité.

Cependant un jour, sa mère lui a demandé de les laisser déjeuner toutes les deux. L'aide-ménagère et elle. Sans Estève.

Estève s'est exécutée. Elle a déjeuné seule.

Le lendemain, même demande. Cette fois, Estève a dit non. “Je suis venue te voir TOI.” Elle a mis le couvert pour trois.

Sa mère a déplacé ses affaires pour installer l'aide-ménagère à sa place.

Je me suis arrêté sur cette phrase en la lisant. À sa place, celle habituellement réservée à sa propre fille, dans la maison de sa propre mère.

Ce n'est pas de la méchanceté. J'en suis convaincu. C'est la dépendance qui parle.

La personne âgée vulnérable s'accroche à ceux dont elle a besoin au quotidien. L'aide-ménagère vient chaque semaine. Elle est là, ces visites sont régulières et prévisibles. Elle représente la continuité, la sécurité du quotidien. Et sans s'en rendre compte, la mère d'Estève met sa fille de côté — celle qui vient pourtant de faire 500 kilomètres pour être avec elle.

La distance prend corps dans leur relation à ce moment. La mère d'Estève cherche quelqu'un pour “être avec” elle. L'aide-ménagère fait moins qu'Estève — mais elle est là chaque semaine. Dans l'esprit d'une personne âgée vulnérable, cette présence régulière pèse parfois plus que des efforts considérables et espacés.

C'est peut-être ça, l'un des aspects les plus douloureux de l'aide à distance : on peut faire énormément et se retrouver relégué au second plan par quelqu'un qui fait moins, mais qui est là plus souvent.

Ça peut paraître injuste mais c'est humain. Et le comprendre aide peut-être à moins en souffrir.

La spirale de la négativité #

L'autre élément qui m'a frappé dans le récit d'Estève : “Si je parle d'un autre sujet, elle referme vite, et reste négative. Du coup, on a peu envie de l'appeler, d'échanger.”

C'est le cercle vicieux classique de la solitude et de la dépression chez la personne âgée. La négativité repousse. Les appels s'espacent. L'isolement s'aggrave. La négativité s'intensifie.

Les études le confirment : il existe une interdépendance émotionnelle entre l'aidant et l'aidé. Quand l'un va mal, l'autre en souffre. Quand la relation se dégrade, les deux s'épuisent.

Comment briser ce cercle alors ?

"Entrer dans son monde" #

J'ai proposé à Estève une phrase que j'utilise souvent : “Commencer par entrer dans son monde, et elle finira par venir dans le vôtre.”

Qu'est-ce que je voulais signifier à Estève ?

Cela signifie accueillir la plainte avant de chercher à la résoudre. Éviter d'éluder avec un “Arrête de te plaindre, tu as tout pour être heureuse.” Éviter de changer de sujet trop vite : “d'accord, mais t'as pensé à faire tes courses ? Hier, j'ai trouvé une cocotte très légère, ça pourrait t'intéresser. Qu'est-ce que tu en dis ?”. Éviter proposer sur l'instant une solution : “bah, pas grave, t'as qu'à [faire ça]”.

Un simple “J'essaie de te comprendre, c'est [dur pour toi en ce moment - répéter la plainte] ?”

Puis se taire et écouter.

Laisser la personne vider son sac. Valider son ressenti. Lui montrer qu'on l'entend, que ce qui est important pour elle l'est aussi pour nous.

C'est contre-intuitif. Notre réflexe est de vouloir aider, donc de résoudre. Alors que souvent, la meilleure aide est de ne rien résoudre du tout. Juste d'être là.

Ce qu'Estève savait déjà #

La réponse d'Estève m'a surpris. Elle m'a renvoyé l'évidence de ma suggestion : “Voici des décennies que je commence par aller dans le monde de l'autre, pour installer la confiance.” Et à ajouter : “C'est bien plus difficile à pratiquer [avec les nôtres]…“

Estève connaissait cette approche. Elle la pratiquait professionnellement. L'avait-elle oubliée avec sa propre mère ou simplement, le contexte (ici familial) a-t-il induit une autre forme de communication ?

Rassurez-vous, c'est très fréquent. Les soignants les plus empathiques peuvent être démunis face à leurs propres parents. Les professionnels de l'accompagnement les plus aguerris perdent leurs moyens quand l'affect entre en jeu.

Nous sommes tous pareils face à nos proches.

Je me souviens que Marshall Rosemberg, psychologue inventeur de la Communication Non Violente, l'écrivait. Une de ses clientes frappe chez lui un soir ou en week-end. Les enfants jouent à tout rompre à l'étage.

Il s'inquiète pour cette dame, la fait entrer dans le salon et commence à l'accompagner. Gêné par le ramdam de ses enfants, il monte fou de rage et intime aux enfants de s'arrêter.

Plus loin il écrivit qu'il était plus prompt à faire preuve d'empathie avec une inconnue qu'avec ses propres enfants.

Il existe aussi des traces dans le livre de Scott Peck, psychiatre. Lui c'est au décours d'une partie d'échec qui s'est aperçu de ce déséquilibre involontaire.

Quelques pistes concrètes #

Pour Estève — et pour tous ceux qui se reconnaissent dans cette situation — voici quelques idées peut-être utiles.

1. Faire avec, pas faire pour #

Au lieu de faire le ménage pendant que votre mère regarde la télévision, faites-le avec elle. Même si elle reste assise à vous regarder plier le linge, elle sera avec vous. La présence compte plus que l'efficacité.

2. Écouter la demande explicite #

La mère d'Estève demandait un temps de connivence, du plaisir, du bon temps, jouer au Scrabble avec sa fille. Clairement, explicitement. Parfois, on cherche des solutions compliquées alors que la personne a déjà dit ce qu'elle voulait. Une relation empathique vaut plus qu'un ménage bien fait.

3. Partager des moments sans objectif #

Feuilleter ensemble d'anciennes photos. Regarder un film. Écouter de la musique. Écrire l'histoire familiale en duo. Ces moments sans "utilité" sont souvent les plus précieux.

4. Stimuler l'esprit ensemble #

La recherche montre que les activités de stimulation cognitive peuvent ralentir le déclin mental et améliorer l'humeur. Ce n'est pas juste “occuper” la personne — c'est maintenir ses capacités.

Le Scrabble que demandait la mère d'Estève n'était pas un caprice. C'était intuitivement la bonne demande : une activité qui stimule la mémoire, le langage, la réflexion — tout en créant un moment de complicité.

D'autres activités fonctionnent : puzzles, jeux de cartes, mots croisés, lecture à voix haute, discussions sur l'actualité. L'important est que l'activité soit adaptée aux capacités et aux goûts de la personne.

5. Pratiquer la "réminiscence" #

La thérapie par réminiscence — revisiter ensemble les souvenirs du passé — est l'une des approches les plus efficaces pour améliorer l'humeur et la qualité de vie des personnes âgées, y compris celles qui présentent des troubles cognitifs.

Concrètement : sortir les albums photos, demander “Raconte-moi comment tu as rencontré papa”, écouter ensemble les chansons de sa jeunesse, visiter des lieux chargés de souvenirs.

Ces moments de réminiscence ne sont pas de la nostalgie passive. Ils permettent à la personne âgée de se reconnecter à son identité, de se sentir valorisée, de transmettre quelque chose. Et ils créent des moments de vraie connexion.

6. Accueillir la négativité sans la combattre #

Quand votre parent se plaint, évitez de le convaincre du contraire. Dites simplement : “Je t'entends.” Puis attendez. La négativité a souvent besoin d'être exprimée avant de pouvoir se dissiper.

7. Accepter de ne pas tout résoudre #

Vous ne guérirez pas la dépression de votre parent avec une visite. Vous ne comblerez pas sa solitude avec un appel.

Vous pouvez être présent, vraiment présent, le temps que vous êtes là.

Ce que la recherche nous apprend #

Les études sur l'aidance à distance confirment ce qu'Estève vivait de façon intuitive.

Environ 15 à 20% des aidants vivent à plus d'une heure de leur proche. Ces aidants à distance ressentent souvent plus de stress que les aidants de proximité — 47% rapportent un stress émotionnel important, contre 28% pour ceux qui vivent près de leur proche.

L'inadéquation structurelle : accepter ses limites #

Une phrase revient dans la littérature scientifique : “L'aide à distance ne peut être, au mieux, que partielle.” Ce n'est pas un jugement. C'est une réalité structurelle.

Quand on vit à 500 kilomètres de son parent, on ne peut pas être là pour les petits moments du quotidien. On ne peut pas réagir immédiatement en cas de problème. On ne peut pas voir de ses propres yeux comment il va vraiment.

Ce constat peut sembler décourageant. En réalité, il est libérateur. Ce n'est pas un échec personnel. C'est la nature même de la situation.

Le déficit d'information : vivre dans l'incertitude #

Les aidants à distance doivent prendre des décisions sans connaissance directe de la situation. L'information arrive filtrée — par la sœur qui habite à côté, par le parent lui-même qui minimise ou exagère, par les professionnels qui n'ont pas le temps d'expliquer.

Cette incertitude génère de l'anxiété. On ne sait jamais vraiment comment va notre parent. On se demande si on nous dit tout. On se sent “hors de la boucle”.

Estève vivait exactement cela. Sa sœur lui donnait des nouvelles, mais était-ce la réalité complète ? Sa mère lui disait que “tout allait bien”, mais les reproches suggéraient le contraire.

Le message d'espoir : les liens résistent à la distance #

La recherche apporte aussi une bonne nouvelle : la proximité physique n'est pas une condition préalable au maintien des liens émotionnels.

Les études montrent que les enfants éloignés ne se déconnectent pas émotionnellement de leurs parents. Les contacts fréquents — même par téléphone ou par écrit — permettent de maintenir des liens relationnels forts.

Ce n'est pas la quantité de temps passé ensemble qui compte le plus. C'est la qualité de la relation. Une conversation téléphonique vraiment présente vaut mieux qu'une visite où l'on fait le ménage sans se parler.

Le plus important pour nous, soignants et aidants #

Je crois que plus le niveau d'attente d'une relation (ce qu'on en espère) est faible, plus elle est fructueuse.

Donner d'abord pour recevoir ensuite.

Quand on va voir un parent âgé avec l'objectif qu'il soit joyeux, reconnaissant, positif — on est souvent déçu. Quand on y va juste pour être là, sans attente, quelque chose se dénoue.

Ce n'est pas de la résignation. C'est une forme d'acceptation. Accepter que notre parent a changé. Accepter qu'il souffre. Accepter qu'on ne peut pas tout réparer.

Et paradoxalement, c'est dans cette acceptation que la relation peut se reconstruire.

 

Questions Fréquentes

Comment savoir si mon parent âgé est déprimé ou simplement triste ?

La tristesse est une réaction normale aux pertes — un deuil, moins d'autonomie, des soucis de santé. Elle vient et elle passe. La dépression, elle, s'installe : plus de deux semaines avec perte d'intérêt pour ce qui plaisait avant, troubles du sommeil ou de l'appétit, fatigue permanente, parfois des idées noires ou une irritabilité inhabituelle. Si vous vous dites “il n'était pas comme ça avant”, consultez un gériatre pour faire le point.

Ma mère âgée refuse toute aide extérieure, que faire ?

Ce refus est fréquent — et souvent compréhensible. Accepter de l'aide, c'est reconnaître qu'on ne peut plus faire seul. C'est parfois la dernière liberté à laquelle on s'accroche. Ne forcez pas. Commencez petit : une livraison de courses, un ménage occasionnel. Cherchez le “pourquoi” derrière le refus — peur des inconnus, fierté, inquiétude sur le coût ? Parfois, ce refus masque une dépression. Une consultation gériatrique peut aider à démêler tout cela, en douceur.

Je culpabilise de ne pas être plus présent(e), comment gérer ?

Cette culpabilité, presque tous les aidants à distance la connaissent. Cependant, la présence ne se mesure pas en kilomètres. Un appel régulier de quinze minutes vaut mieux qu'une visite rare qui vous épuise. Déléguez sur place — voisins, associations, professionnels. Parlez avec votre fratrie de la répartition. Et rappelez-vous : pour aider sur la durée, il est impératif de d'abord prendre soin de vous.

Comment maintenir le lien quand mon parent âgé est négatif à chaque appel ?

C'est un cercle difficile à briser : plus il se plaint, moins on appelle ; moins on appelle, plus il est isolé et négatif. Essayez ceci : accueillez d'abord la plainte (“Je comprends que c'est dur”), puis accompagnez l'état émotionnel. Si vous fatiguez, changez doucement de sujet (“Et sinon, tu as regardé ton émission ?”). Fixez-vous une durée réaliste — quinze minutes régulières valent mieux qu'une heure rare. Vous ne pouvez pas résoudre tous ses problèmes à chaque appel. Juste les entendre est d'une très grande aide.

Dois-je forcer mes enfants à voir leur grand-parent si les visites sont difficiles ?

Non au forcing, oui à la préparation. Expliquez aux enfants ce qui se passe : “Mamie a changé à cause de sa maladie, ce n'est pas contre toi.” Proposez des visites courtes avec une activité simple — un jeu, un album photo. Autorisez-les à dire que c'est difficile pour eux. Si les visites restent trop compliquées, les lettres, les dessins ou les petites vidéos sont aussi des façons de garder le lien. L'objectif : préserver la relation sans traumatiser personne.

 

À retenir : être présent, vraiment présent #

Accompagner un parent âgé à distance est une épreuve silencieuse. L'impuissance, la culpabilité parfois, l'épuisement souvent émergent en soi. Sans compte que la négativité de l'autre nous renvoie à notre propre impuissance.

Peut-être qu'une des clés est d'éviter de faire plus, en faisant autrement. Passer du “faire pour” à l'“être avec”. Accueillir la plainte avant de la résoudre. Entrer dans le monde de l'autre avant de l'inviter dans le nôtre.

Et surtout : accepter que nous sommes tous pareils face à nos proches. Même les professionnels de l'empathie perdent leurs moyens quand l'affect entre en jeu.

C'est humain et bien normal. Et c'est peut-être le premier pas vers une relation plus authentique.

PS : Nous disposons d'un accord écrit et explicite d'Estève pour utiliser cette histoire clinique. Bien sûr, nous avons anonymisé l'ensemble.

Références #

À propos des auteurs

Dr Eric MAEKER
Dr Eric MAEKER
Médecin Gériatre
Médecin gériatre et psychogériatre, spécialisé en soins palliatifs gériatriques. Fondateur et président de l'association Emp@thies dédiée à l'humanisation des soins. Membre des comités pédagogiques de l'Université Sorbonne. Auteur de publications scientifiques sur l'empathie médicale, les troubles neurocognitifs et la communication thérapeutique. Directeur de plus de vingt mémoires universitaires.
Bérengère MAEKER-POQUET
Bérengère MAEKER-POQUET
Infirmière Diplômée d'État
Infirmière diplômée d'État avec plus de quinze ans d'expérience hospitalière. Co-fondatrice et secrétaire de l'association Emp@thies. Co-auteure de publications scientifiques sur l'empathie médicale, l'annonce diagnostique et les soins centrés sur la personne. Formatrice en soins relationnels et accompagnement humaniste des personnes âgées.

 

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