Dr Éric Maeker - Gériatre, Psychogériatre, Médecine Palliative #
Par Dr Éric Maeker, Bérengère Maeker-Poquet • Mis à jour le
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auprès des personnes âgées depuis 2003
Les familles arrivent souvent avec une question posée de mille façons : « Il perd la mémoire, c'est grave ? » Je cherche la réponse avec elles, en séparant ce que je sais de ce que j'ignore encore. Cette honnêteté rassure souvent davantage qu'une certitude trop rapide.
✅ Trois domaines : la santé globale après 75 ans et le bien vieillir, la mémoire et l'humeur, le confort jusqu'à la fin de vie
✅ Quand consulter : des chutes, une perte de poids, des oublis qui inquiètent, une tristesse qui s'installe, des traitements devenus trop nombreux, des questions sur le lieu de vie, une maladie grave qui évolue
✅ Membre de comités pédagogiques à Sorbonne Université, auteur d'articles indexés sur PubMed, cofondateur de l'association Emp@thies
✅ Directeur de recherche du Global Empathy in Healthcare Network, réseau international de recherche et de promotion sur l'empathie dans les soins
Mes domaines : gériatrie, psychogériatrie, soins palliatifs #
Gériatrie : la santé globale après 75 ans #
La gériatrie soigne la personne âgée dans son ensemble. Avec l'âge, les maladies s'additionnent : diabète, hypertension, ostéoporose, dénutrition. Les traitements aussi, et leurs effets se croisent. J'analyse tout cela avec vous, pour préserver le maintien de l'autonomie : se laver, s'habiller, se déplacer sans aide, gérer ses traitements, et globalement vivre sa vie. Les familles et les personnes de plus de 75 ans viennent souvent me voir quand la question de l'EHPAD (maison de retraite médicalisée) se pose. D'autres y vivent déjà et viennent faire un point médical spécialisé.
Je défends le bien vieillir : bouger chaque jour, manger avec appétit, garder des liens, rester curieux, avancer en âge sans tomber dans la maladie ou la dépendance. Les trois dimensions du bien vieillir relient la santé, les relations et un lieu de vie adapté.
Psychogériatrie : la mémoire, l'humeur, le comportement #
La psychogériatrie s'occupe du cerveau qui vieillit et de ce qu'il fait vivre :les oublis, la désorientation, les mots qui se dérobent. J'accompagne les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et maladies apparentées, et leurs proches, du diagnostic aux années qui suivent.
Je travaille sur la santé mentale des personnes de plus de 75 ans et de leurs proches. La dépression de la personne âgée, fréquente en consultation, se cache volontiers derrière la fatigue, le repli ou les plaintes du corps. Agitation, méfiance, déambulation (marcher longtemps, sans but apparent) : les troubles du comportement liés aux maladies de la mémoire portent presque chaque fois un message à déchiffrer. Et puis il y a vous, les proches : des nuits hachées, une vigilance de chaque instant, une fatigue invisible pour l'entourage. Cet épuisement des aidants, je le regarde en consultation autant que les troubles de votre proche.
Le confort jusqu'au bout : soins palliatifs gériatriques #
J'accompagne les soins palliatifs gériatriques quand le confort devient l'objectif premier. Ces soins soulagent la douleur, l'essoufflement, l'angoisse. Ils soutiennent aussi les proches, pendant les décisions et après. J'évalue la douleur chronique, j'accompagne les décisions de fin de vie, avec les équipes d'hospitalisation à domicile et d'établissements (sanitaires ou médico-sociaux).
L'empathie comme approche thérapeutique #
Je m'appuie sur l'empathie pour soigner. Ces trois domaines partagent une même façon de faire. J'écoute les peurs avant de parler des traitements. Je respecte le droit de chaque personne à décider pour elle-même, y compris quand sa décision inquiète sa famille. J'explique, à elle et à ses proches, avec des mots de tous les jours, et je prends le temps nécessaire.
Cette manière de soigner porte un nom : l'empathie thérapeutique. Elle consiste à percevoir le monde de la personne soignée comme si c'était le mien, en trouvant la juste distance. En consultation, je vérifie que j'ai compris ce que les gens vivent. Je reformule avec leurs mots, et je les laisse me corriger jusqu'à saisir ce qu'ils ressentent. Une personne qui se sent comprise et entendue ose dire sa douleur, sa peur, ses difficultés, son vécu profond ou son désaccord avec un traitement. Le diagnostic gagne en précision, et les décisions se prennent à plusieurs. Une revue de 24 études, publiée en 2026, relie la qualité de la communication au suivi des traitements : les personnes bien écoutées suivent mieux leurs traitements. Les rares essais qui ont testé directement cet effet restent incertains, et la question demeure ouverte. Cette approche a aussi une maison, l'association Emp@thies, présentée plus bas.
Quand consulter un gériatre ? #
Le médecin traitant reste le premier interlocuteur : son courrier ouvre la consultation gériatrique, le plus souvent après 75 ans.
La mémoire. Des oublis récents, des mots qui manquent, une méfiance nouvelle, des accusations de vol. Dix signes d'alerte aident à distinguer l'oubli banal du signal qui appelle un bilan.
Le corps. Deux chutes ou plus en douze mois, une perte de poids, des médicaments devenus trop compliqués à gérer : chacun de ces signes mérite une évaluation.
L'avenir. Le bien vieillir se prépare. Une évaluation précise de votre situation repère ce qui fragilise et ce qui protège, puis propose d'adapter le mode de vie. « La vieillesse est un naufrage », écrivait de Gaulle. Parfois. Une évaluation faite assez tôt aide souvent à garder le cap.
Et puis l'humeur. Une tristesse qui s'installe, des nuits d'angoisse, un refus de manger, des peurs difficiles à cerner. Quand une décision familiale approche, rester à domicile ou entrer en institution, une évaluation gériatrique globale rassemble tout en une seule démarche.
Consulter tôt laisse le temps de décider avant la crise.
Mon parcours : plus de vingt ans de gériatrie hospitalière #
Depuis 2003, j'ai exercé dans presque tous les lieux où les personnes âgées sont soignées : hospitalisation d'urgence, rééducation, soins palliatifs, unités protégées d'EHPAD. J'ai aussi travaillé en unité cognitivo-comportementale, un service qui accueille les personnes dont la maladie de la mémoire bouscule le comportement. Chaque lieu montre un autre visage du parcours des personnes âgées.
Dès mes débuts, j'ai participé à la création d'un service de gériatrie aiguë, à une époque où peu d'hôpitaux en possédaient un. Pendant 4 ans, j'ai assuré l'accueil des personnes de plus de 75 ans dans un service d'urgences. En 2020 et 2021, lors des premières vagues COVID-19, j'ai porté une unité d'hospitalisation gériatrique aiguë dédiée aux personnes infectées par le virus.
Je suis ancien assistant des hôpitaux et ancien praticien hospitalier. Au fil de mes dix premières années d'exercice, j'ai vu l'hôpital public s'épuiser, et ses équipes avec lui. J'ai eu la chance d'exercer dans le privé comme dans le public, et de travailler à ce qu'ils se complètent.
Je soutiens les nouvelles façons de soigner les personnes âgées. Ce site en fait d'ailleurs partie. Ouvert dès 2003, il vit pleinement depuis 2010 pour accompagner les professionnels comme les personnes âgées et leurs proches.
Mes diplômes #
J'ai obtenu mon doctorat en médecine à l'université de Lille II. J'y ai aussi décroché la capacité de gériatrie, la formation qui ouvrait alors l'exercice de cette discipline, et le DU (diplôme universitaire) des pathologies des personnes âgées.
D'autres formations et diplômes universitaires ont élargi ce socle :
- Spécialisation en gériatrie, dès que la gériatrie est devenue une spécialité médicale à part entière
- DIU des pathologies cardio-vasculaires de la personne âgée (Paris XI)
- DU de géronto-psychiatrie (Paris VI, Sorbonne)
- DU de soins palliatifs gériatriques (Paris VI, Sorbonne)
- Psychothérapie et approche centrée sur la personne (psychologie humaniste)
Ma participation aux enseignements de la médecine et aux revues médicales spécialisées #
À Sorbonne Université, je participe aux comités pédagogiques de deux diplômes à distance du Pr Belmin, où je suis aussi tuteur : le DU de géronto-psychiatrie et le DU de soins palliatifs et accompagnement en gériatrie.
En plus de publier sur les prises en charge gériatriques, je participe aux revues médicales. Je suis membre du comité rédactionnel de la revue Soins Gérontologie et du comité éditorial de la revue NPG (Neurologie, Psychiatrie, Gériatrie).
Je suis membre de la Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG), avec laquelle je participe à l'élaboration des référentiels nationaux, dont celui de 2024.
En 2025, j'ai été nommé Director of Research (directeur de recherche) du Global Empathy in Healthcare Network.
Mes recherches et publications #
Mes travaux portent sur l'empathie dans les soins, en gériatrie et au-delà. Un même fil les relie : améliorer les pratiques gériatriques, de l'annonce du diagnostic au refus de soins, et faire avancer l'humanisation des soins.
Mes travaux publiés sont réunis sur ORCID, PubMed, ResearchGate, la Plateforme nationale pour la recherche sur la fin de vie, et dans la rubrique Publications du site.
Emp@thies : une démarche associative #
Avec Bérengère Maeker-Poquet, infirmière, j'ai cofondé l'association Emp@thies (loi 1901). Elle se consacre à l'humanisation des soins et à la promotion de l'empathie dans les pratiques soignantes. Les professionnels de santé s'y forment à la relation thérapeutique, dans des groupes de réflexion nés de l'approche du psychologue Carl Rogers. Chaque mois, un webinaire réunit familles et soignants autour d'un thème qui explore l'empathie. L'association intervient aussi dans les établissements de santé, et ses recherches sur l'empathie clinique paraissent dans différentes revues médicales.
Questions fréquentes #
Qui est le Dr Éric Maeker ?
Médecin gériatre et psychogériatre formé aux soins palliatifs, le Dr Éric Maeker accompagne les personnes âgées depuis 2003, en structure et en consultation. Enseignant à Sorbonne Université, il a cofondé l'association Emp@thies et écrit maeker.fr avec Bérengère Maeker-Poquet, infirmière.
Quelle est la différence entre un gériatre et un médecin généraliste ?
Le médecin généraliste soigne à tous les âges. Le gériatre se consacre aux personnes âgées, surtout après 75 ans, et évalue ensemble la santé, la mémoire, l'humeur et l'autonomie. Il travaille avec le médecin traitant sur les situations complexes, comme le montre le bilan gériatrique, étape par étape. Il aide aussi à bien vieillir, en repérant tôt ce qui menace l'autonomie.
Comment se déroule une consultation mémoire ?
Une consultation mémoire dure plus longtemps qu'une consultation habituelle, ou se répartit sur plusieurs rendez-vous. Elle comprend un entretien avec la personne et sa famille, des tests de mémoire et de langage, un examen clinique. Une prise de sang ou une imagerie cérébrale complètent parfois ce bilan, avant l'annonce du diagnostic. Un score isolé dit peu de chose d'une personne : ce que signifie un 23/30 au test mémoire.
Mon parent refuse de consulter un gériatre, que faire ?
Fréquent, le refus protège souvent la peur du diagnostic, la crainte de la maison de retraite, ou une maladie qui cache ses propres troubles (l'anosognosie). Présenter le rendez-vous comme un bilan de santé général, ou passer par le médecin traitant, ouvre parfois la porte. Le guide sur le refus de soins décrit ce que ce refus exprime, et comment l'accompagner.
Me contacter #
Pour une question, une collaboration, une intervention, le formulaire de contact reste le chemin le plus simple. Une réponse écrite reste générale : pour un diagnostic, le bon interlocuteur est le médecin qui examine votre proche. Mon numéro RPPS, l'identifiant national des soignants, est le 10002307964.
La rubrique Grand public réunit les guides pour les familles, et les échelles d'évaluation gériatrique servent les soignants. Nous proposons aussi une rubrique sur l'empathie dans les soins et une approche originale de la médecine : le cinéma. La rubrique Popcorn présente des films qui touchent à la santé, et dit ce que chacun éclaire. Vous y trouverez la maladie d'Alzheimer, la maladie de Parkinson, le vieillissement ou la fin de vie.
À retenir #
« Il perd la mémoire, c'est grave ? » La réponse commence rarement dans mon bureau. Elle commence chez vous, dans ce que vous avez remarqué.
Avant le rendez-vous, vous pouvez noter sur une feuille les trois changements qui vous inquiètent le plus chez votre proche, chacun avec sa date d'apparition. Glissez cette feuille dans la pochette des ordonnances : le médecin traitant ou le gériatre pourra la lire en premier.
Références #
- . Examining the relationship between healthcare practitioners' communication and patient adherence to treatment: a systematic review.BMC Health Serv Res. 2026 Mar 25;26(1):458. doi: 10.1186/s12913-026-14359-8.
[PMID: 41882677] [PMCID: 13045089] [DOI: 10.1186/s12913-026-14359-8] [ScienceDirect]
Une sélection de mes publications #
- . [Fostering Empathy in Geriatric Care: Film-Based Education with The Father].Soins Gerontol. 2026 May-Jun;31(179):26-32. doi: 10.1016/j.sger.2026.04.006. Epub 2026 May 18.
[PMID: 42242793] [DOI: 10.1016/j.sger.2026.04.006] [ScienceDirect] - . [Proposing a systemic conceptual framework for empathy in care].Soins Gerontol. 2025 May-Jun;30(173):8-17. doi: 10.1016/j.sger.2025.03.005. Epub 2025 May 21.
[PMID: 40484574] [DOI: 10.1016/j.sger.2025.03.005] [ScienceDirect] - . [Empathy in palliative care of the elderly].Soins Gerontol. 2025 Jul-Aug;30(174):10-16. doi: 10.1016/j.sger.2025.05.003. Epub 2025 Jun 30.
[PMID: 40683688] [DOI: 10.1016/j.sger.2025.05.003] [ScienceDirect] - . [Announcement of the diagnosis of Alzheimer's disease or a related disorder in a geriatric short-stay unit].Soins Gerontol. 2022 May-Jun;27(155):33-37. doi: 10.1016/j.sger.2022.03.009. Epub 2022 Jun 3.
[PMID: 35738763] [DOI: 10.1016/j.sger.2022.03.009] [ScienceDirect] - . [Refusal of care by the elderly].Soins Gerontol. 2024 Jul-Aug;29(168):27-30. doi: 10.1016/j.sger.2024.04.009. Epub 2024 Jun 18.
[PMID: 38944470] [DOI: 10.1016/j.sger.2024.04.009] [ScienceDirect] - . [Can empathy be taught to caregivers?].Soins Gerontol. 2020 May-Jun;25(143):30-33. doi: 10.1016/j.sger.2020.03.012. Epub 2020 Mar 18.
[PMID: 32444080] [DOI: 10.1016/j.sger.2020.03.012] [ScienceDirect] - . [Cognitive disorders and falls: experience of the Lille multidisciplinary falls service].Rev Neurol (Paris). 2005 Apr;161(4):419-26. doi: 10.1016/s0035-3787(05)85071-4.
[PMID: 15924077] [DOI: 10.1016/s0035-3787(05)85071-4]

