Films sur l'AVC : les meilleurs pour comprendre l'accident vasculaire cérébral (sélection d'un gériatre) #

Par • Publié le • Mis à jour le

Le projet “Pop-corn Maeker’s Project” propose des projections ou des listes de films en lien avec des problématiques médicales, suivies d’un débat et complétées par des articles de fond. L’objectif est de sensibiliser les lecteurs et les cinéphiles à la façon dont les maladies sont vécues par les personnes atteintes de celles-ci.

Le projet se compose de fiches synthétiques pour aider les spectateurs à mieux sélectionner les films. La série d’articles sur l’empathie dans les soins est alimentée par ces films et les émotions qu’ils véhiculent. Nous espérons pouvoir poursuivre la discussion avec vous sur twitter au sujet de ces films et de ces maladies. Suivez-nous sur twitter avec le hashtag #PopCornMaekerSProject.

La rubrique est disponible dans la barre de navigation en haut du site en cliquant sur l’icône .

Quand le cinéma donne un visage à l'invisible #

"Hier encore, il me racontait des histoires. Aujourd'hui, il ne peut plus prononcer mon prénom." #

Cette phrase, des milliers de familles la vivent chaque année après un accident vasculaire cérébral. L'AVC frappe en quelques secondes — et tout bascule. Le corps qui ne répond plus, les mots qui ne viennent plus, le regard qui cherche à dire ce que la bouche ne peut plus formuler. Pour l'entourage, c'est un choc : la personne est là, mais tout a changé.

Les explications médicales, aussi précises soient-elles, ne suffisent pas toujours à saisir ce que vit réellement un proche après un AVC. Comment comprendre la frustration de celui qui pense clairement mais ne peut plus s'exprimer ? L'épuisement de la rééducation ? La peur que ça recommence ?

C'est là que le cinéma devient un allié précieux. #

Contrairement aux articles médicaux ou aux brochures de rééducation, les films nous permettent de ressentir de l'intérieur ce que vivent les personnes victimes d'un AVC et leurs proches. Ils montrent l'enfermement dans un corps devenu prison, la lenteur insoutenable de la récupération, mais aussi la force de la volonté humaine, l'amour qui s'adapte, et ces victoires minuscules — un mot retrouvé, un doigt qui bouge, un sourire — qui deviennent immenses.

Pourquoi ces films peuvent vous aider #

Pour les familles confrontées à un AVC
Quand un proche est victime d'un AVC, tout va très vite : urgences, réanimation, annonce des séquelles. Ces films peuvent vous aider à anticiper ce qui vous attend : la rééducation, la nouvelle relation avec la personne, les adaptations nécessaires. Vous verrez concrètement comment d'autres familles traversent cette épreuve, comment elles s'organisent, comment elles trouvent un équilibre entre espoir et réalisme.

Pour mieux comprendre ce que vit la personne après un AVC
Le plus dur, c'est souvent de ne pas comprendre pourquoi votre proche pleure sans raison, pourquoi il se met en colère, pourquoi il refuse de faire ses exercices de rééducation. “Le Scaphandre et le Papillon” vous fera vivre l'enfermement d'un homme prisonnier de son propre corps. “Amour” montre la lente transformation d'une femme brillante après un AVC. Vous comprendrez enfin que derrière le silence, il y a un esprit intact qui souffre.

Pour briser la solitude de l'aidant
Accompagner un proche après un AVC est un marathon. La rééducation dure des mois, parfois des années. Ces films vous montreront que vous n'êtes pas seul. D'autres familles vivent exactement les mêmes situations que vous : l'épuisement, la frustration, la culpabilité, et cet amour qui se réinvente au quotidien. Se reconnaître dans ces histoires peut être incroyablement réconfortant.

Pour ouvrir le dialogue en famille
Comment parler des séquelles d'un AVC avec ses enfants, ses frères et sœurs, son conjoint ? Regarder un film ensemble crée un espace de parole naturel. Après le film, les émotions sont là, les questions viennent naturellement. C'est l'occasion de partager vos peurs, vos observations, vos solutions, sans que cela ressemble à une “réunion de famille”.

Pour les professionnels en formation
Infirmiers, aides-soignants, médecins, orthophonistes, kinésithérapeutes : ces films complètent votre formation théorique. Ils vous rappellent la dimension humaine derrière le déficit neurologique. “Le Scaphandre et le Papillon” est un outil de formation extraordinaire sur le locked-in syndrome et la relation soignant-soigné. C'est la Cinéducation !

À qui s'adresse cette sélection ? #

  • Vous venez d'apprendre qu'un proche a fait un AVC
  • Vous accompagnez un proche dans sa rééducation
  • Vous êtes aidant familial et cherchez à mieux comprendre
  • Vous travaillez en neurologie, en rééducation ou en EHPAD
  • Vous enseignez la neurologie ou les soins infirmiers
  • Vous cherchez simplement un film bouleversant et profondément humain

Notre sélection : 5 films majeurs sur l'AVC #

L'AVC est encore peu représenté au cinéma comme sujet central. Mais les films qui l'abordent sont d'une puissance rare. Chaque film est présenté avec :

  • Son synopsis et son contexte
  • Une analyse médicale : ce que le film montre (bien ou mal) de l'AVC et de ses conséquences
  • Des liens vers nos ressources pour aller plus loin

Du “Scaphandre et le Papillon” (chef-d'œuvre sur le locked-in syndrome) à “Un homme pressé” (l'aphasie filmée avec justesse), en passant par “Amour” (Palme d'Or sur la dépendance après AVC), vous découvrirez des œuvres qui changent à jamais notre regard sur cette maladie.

Avertissement important #

Ces films abordent des sujets difficiles : la paralysie, la perte d'autonomie, la dépendance, parfois la fin de vie. Ils peuvent être émouvants, voire bouleversants.

Nos conseils :

  • Choisissez un moment calme, où vous ne serez pas dérangé
  • Si vous regardez en famille, préparez-vous à ce que cela suscite des émotions
  • Après le film, prenez le temps d'en parler, de partager ce que vous avez ressenti
  • Si c'est trop dur, n'hésitez pas à faire pause ou à arrêter
  • Ces films ne remplacent pas un accompagnement médical et psychologique

Après le film : Passez à l'action #

Regarder ces films est une première étape. Mais pour vraiment aider votre proche, vous aurez besoin d'outils pratiques :

Inscrivez-vous à notre infolettre en bas de page pour rester en contact et recevoir les nouveautés.

Prêt à découvrir ces films qui changent le regard sur l'AVC ?
👇 Voici notre sélection complète avec analyses médicales.


Le Scaphandre et le Papillon, 2007. De Julian Schnabel avec Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Marie-Josée Croze, Anne Consigny, Max von Sydow

Le Scaphandre et le Papillon (2007)

Pays:
France, États-Unis
Réalisateur:
Julian Schnabel
Acteurs:
Mathieu Amalric, Emmanuelle Seigner, Marie-Josée Croze, Anne Consigny, Max von Sydow
Note IMDb:
8,0/10
  • Récompenses principales : Prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2007, César du meilleur acteur pour Mathieu Amalric, 2 nominations aux Oscars (meilleur réalisateur, meilleure photographie), 4 nominations aux Golden Globes
  • Synopsis : Jean-Dominique Bauby, rédacteur en chef du magazine Elle, est victime d'un AVC massif du tronc cérébral à l'âge de 43 ans. Il se réveille atteint du locked-in syndrome : son esprit est intact, mais son corps est entièrement paralysé. Seul son œil gauche fonctionne encore. C'est en clignant de cet œil, lettre par lettre, qu'il va dicter l'intégralité de ses mémoires.
  • Intérêt vis-à-vis de l'AVC : C'est sans doute le film le plus important jamais réalisé sur les conséquences d'un AVC. Julian Schnabel réussit un tour de force cinématographique en filmant une grande partie du film du point de vue de Bauby : on voit le monde à travers son œil unique, on entend ses pensées tandis que son corps reste immobile. Le film montre avec une justesse remarquable le locked-in syndrome (syndrome d'enfermement) — une conséquence rare mais dévastatrice de l'AVC du tronc cérébral. Il illustre la dissociation terrifiante entre un esprit parfaitement lucide et un corps devenu prison. Mais au-delà du drame médical, le film est un hymne à la puissance de l'imagination, de la mémoire et de la volonté humaine. Bauby prouve qu'un seul clignement d'œil suffit pour écrire un chef-d'œuvre. Le film est aussi une leçon sur la relation soignant-soigné : l'orthophoniste qui invente un alphabet adapté, les soignants qui apprennent à communiquer différemment. Film indispensable pour les familles et les professionnels.

Amour, 2012. De Michael Haneke avec Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva, Isabelle Huppert

Amour (2012)

Pays:
France, Allemagne, Autriche
Réalisateur:
Michael Haneke
Acteurs:
Jean-Louis Trintignant, Emmanuelle Riva, Isabelle Huppert
Note IMDb:
7,9/10
  • Récompenses principales : Palme d'Or au Festival de Cannes 2012, Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2013, César du meilleur film en 2013.
  • Synopsis : Anne et Georges sont un couple de musiciens à la retraite, octogénaires cultivés et amoureux. Un matin, Anne est victime d'un accident vasculaire cérébral. L'opération échoue partiellement, la laissant hémiplégique du côté droit. Georges se retrouve seul pour s'occuper d'elle, refusant de la placer en institution. Leur appartement parisien devient le théâtre d'un huis clos où l'amour se confronte à la dépendance.
  • Intérêt vis-à-vis de l'AVC : “Amour” montre avec un réalisme poignant les conséquences d'un AVC sur la vie quotidienne d'un couple âgé : l'hémiplégie, la perte progressive d'autonomie, la dépendance pour les gestes les plus intimes (se laver, manger, se déplacer). Le film est remarquable par sa justesse clinique : on voit la première absence épileptique d'Anne, l'hospitalisation, le retour à domicile en fauteuil roulant, puis la lente dégradation malgré la rééducation. Haneke filme sans complaisance mais avec une tendresse infinie la transformation de la relation conjugale : Georges passe d'époux à aidant, d'amoureux à soignant. Le film soulève aussi des questions essentielles sur le maintien à domicile versus le placement en institution, sur l'épuisement de l'aidant, et finalement sur la dignité en fin de vie. Attention : le film est bouleversant. Réservé aux personnes émotionnellement préparées.

Flawless, 1999. De Joel Schumacher avec Robert De Niro, Philip Seymour Hoffman

Flawless (1999)

Pays:
États-Unis
Réalisateur:
Joel Schumacher
Acteurs:
Robert De Niro, Philip Seymour Hoffman
Note IMDb:
6,5/10
  • Récompenses principales : Nomination au Satellite Award du meilleur acteur pour Philip Seymour Hoffman
  • Synopsis : Walt Koontz, un ancien agent de sécurité à la retraite, dur et conservateur, est victime d'un AVC qui le laisse partiellement paralysé du côté droit avec des difficultés d'élocution. Sur les conseils de son médecin, il prend des cours de chant pour améliorer sa rééducation. Son professeur ? Rusty, sa voisine drag queen, dont il méprisait le mode de vie. Une relation improbable et transformatrice va naître entre ces deux univers que tout oppose.
  • Intérêt vis-à-vis de l'AVC : Flawless est l'un des rares films à montrer la rééducation après un AVC comme sujet central. Robert De Niro incarne avec justesse un homme confronté à l'hémiplégie et à l'aphasie partielle : on voit sa frustration de ne plus pouvoir parler correctement, sa rage contre son propre corps, son refus initial d'accepter l'aide. Le choix du chant comme outil de rééducation est médicalement pertinent — la musicothérapie et le chant sont effectivement utilisés en rééducation de l'aphasie. Au-delà de l'aspect médical, le film montre magnifiquement comment la maladie peut faire tomber les préjugés : la vulnérabilité de Walt l'oblige à s'ouvrir à un monde qu'il rejetait. C'est un film plus léger que “Amour” ou “Le Scaphandre”, idéal pour un premier visionnage sur le thème de l'AVC.

Un homme pressé, 2018. De Hervé Mimran avec Fabrice Luchini, Leïla Bekhti, Rebecca Marder, Yaniss Lespert

Un homme pressé (2018)

Pays:
France
Réalisateur:
Hervé Mimran
Acteurs:
Fabrice Luchini, Leïla Bekhti, Rebecca Marder, Yaniss Lespert
Note IMDb:
6,2/10
  • Récompenses principales : Sélection officielle hors compétition au Festival de l'Alpe d'Huez 2018
  • Synopsis : Alain est un homme d'affaires brillant, hyperactif et autoritaire, qui vit à cent à l'heure. Un jour, un AVC le foudroie. À son réveil, il souffre d'aphasie sévère : les mots se mélangent, les phrases n'ont plus de sens, les chiffres lui échappent. Lui qui commandait des empires ne peut plus commander un café. Avec l'aide d'une jeune orthophoniste déterminée, il va devoir tout réapprendre — et surtout apprendre à vivre autrement.
  • Intérêt vis-à-vis de l'AVC : Inspiré de l'histoire vraie de Christian Streiff (ancien PDG de PSA Peugeot Citroën victime d'un AVC en 2008), ce film est l'un des plus justes sur l'aphasie après un AVC. Fabrice Luchini, habituellement virtuose du verbe, incarne avec une justesse bouleversante un homme privé de son outil le plus précieux : le langage. Le film montre remarquablement la dissociation entre l'intelligence préservée et l'incapacité à s'exprimer — Alain comprend tout mais produit des mots incohérents, confond les chiffres, perd le fil de ses pensées. La rééducation orthophonique est filmée avec réalisme : exercices de répétition, frustration des échecs, lenteur des progrès, victoires minuscules. Le film aborde aussi un angle rarement traité : l'AVC chez un actif en pleine carrière et ses conséquences professionnelles, sociales et familiales. Un film accessible, parfois drôle malgré le sujet, idéal pour comprendre l'aphasie et la rééducation du langage.

Seul contre tous, 2015. De Peter Landesman avec Will Smith, Alec Baldwin, Albert Brooks, Gugu Mbatha-Raw

Seul contre tous (2015)

Pays:
États-Unis, Royaume-Uni, Australie
Réalisateur:
Peter Landesman
Acteurs:
Will Smith, Alec Baldwin, Albert Brooks, Gugu Mbatha-Raw
Note IMDb:
7,1/10
  • Récompenses principales : Nomination au Golden Globe du meilleur acteur (Will Smith), sélection AFI Fest 2015
  • Synopsis : Le Dr Bennet Omalu, neuropathologiste nigérian exerçant à Pittsburgh, découvre lors d'autopsies de joueurs de football américain une maladie neurodégénérative inconnue : l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC). Cette pathologie, causée par les traumatismes crâniens répétés, provoque dépression, démence et comportements suicidaires. Omalu se retrouve seul face à la toute-puissante NFL qui nie l'existence de cette maladie pour protéger son industrie milliardaire.
  • Intérêt vis-à-vis de l'AVC : Bien que l'ETC ne soit pas un AVC à proprement parler, ce film est essentiel pour comprendre les lésions cérébrales vasculaires et traumatiques. Les micro-traumatismes répétés provoquent des lésions vasculaires cérébrales similaires à certains mécanismes des AVC hémorragiques. Le film montre avec rigueur scientifique comment des atteintes cérébrales répétées détruisent progressivement les fonctions cognitives, émotionnelles et comportementales — un processus qui rejoint la démence vasculaire post-AVC. Will Smith incarne un médecin méticuleux qui refuse de se taire face à l'évidence scientifique. Le film soulève des questions fondamentales : comment la société traite-t-elle les lésions cérébrales ? Pourquoi minimise-t-on les conséquences des traumatismes crâniens ? Film recommandé pour élargir la réflexion sur les atteintes cérébrales au-delà de l'AVC classique, et pour les professionnels intéressés par la neuropathologie.
 

Questions fréquentes : Films et accident vasculaire cérébral #

Questions / réponses

Vous vous posez des questions sur ces films et l'AVC ? Voici nos réponses d'expert.
Qu'est-ce qu'un AVC exactement ?

L'accident vasculaire cérébral (AVC) est une urgence médicale qui survient lorsque la circulation sanguine vers une partie du cerveau est interrompue. C'est la première cause de handicap acquis chez l'adulte en France et la troisième cause de décès.

Il existe deux types d'AVC :

  • AVC ischémique (80% des cas) : Un caillot bloque une artère du cerveau. C'est ce que subit Anne dans “Amour”.
  • AVC hémorragique (20% des cas) : Un vaisseau sanguin éclate dans le cerveau.

Les conséquences dépendent de la zone du cerveau touchée :

  • Hémiplégie : paralysie d'un côté du corps (Anne dans “Amour”, Walt dans “Flawless”)
  • Aphasie : difficultés à parler ou comprendre le langage (Walt dans “Flawless”, Alain dans “Un homme pressé”)
  • Locked-in syndrome : paralysie quasi totale avec conscience intacte (Jean-Dominique Bauby dans “Le Scaphandre et le Papillon”)
  • Troubles de la mémoire, de la vision, de l'équilibre…

Le saviez-vous ? En France, un AVC survient toutes les 4 minutes. Mais les progrès médicaux permettent aujourd'hui de limiter considérablement les séquelles à condition d'agir vite. Retenez l'acronyme VITE : Visage paralysé, Inaptitude d'un bras, Trouble de la parole, En urgence appelez le 15.

Évaluation gériatrique : bilan complet en 6 étapes

Ces films sont-ils médicalement réalistes ?

Oui, remarquablement — chacun dans son registre.

Chaque film de notre sélection a été visionné et commenté par le Dr Éric Maeker et Bérengère Maeker-Poquet, respectivement médecin gériatre depuis plus de 20 ans et infirmière.

Films les plus réalistes :

  • “Le Scaphandre et le Papillon” (2007) : Basé sur l'histoire vraie de Jean-Dominique Bauby. Le locked-in syndrome est montré avec une exactitude clinique impressionnante. La technique de communication par clignement d'œil est fidèle à la réalité. Le film le plus juste médicalement de notre sélection.
  • “Amour” (2012) : L'évolution des séquelles après l'AVC d'Anne est très réaliste : hémiplégie droite, perte progressive d'autonomie, épisodes de confusion. Haneke a consulté des professionnels de santé.
  • “Un homme pressé” (2018) : Inspiré de l'histoire vraie de Christian Streiff (PDG de PSA). La représentation de l'aphasie est remarquablement juste : confusion des mots, difficulté avec les chiffres, rééducation orthophonique réaliste.

Films plus romancés :

  • “Flawless” (1999) : La rééducation par le chant est un vrai outil thérapeutique, mais la récupération de Walt est un peu trop rapide et complète par rapport à la réalité. Le film reste juste sur l'impact psychologique de l'AVC.
  • “Seul contre tous” (2015) : La science de l'ETC est fidèlement retranscrite, mais le film se concentre davantage sur le combat politique d'Omalu que sur le vécu des patients. Pertinent pour comprendre les lésions cérébrales vasculaires et traumatiques.

Notre recommandation médicale : Commencez par “Flawless” ou “Un homme pressé” (les plus accessibles et optimistes) puis “Le Scaphandre et le Papillon” (le plus intense et le plus juste). Réservez “Amour” aux personnes émotionnellement préparées.

Retrouver notre sélection de films sur l'Alzheimer

Quelle est la différence entre un AVC et Alzheimer ?

Ce sont deux pathologies très différentes souvent confondues parce qu'elles touchent toutes les deux le cerveau et les personnes âgées.

L'AVC (accident vasculaire cérébral) :

  • Survient brutalement en quelques minutes
  • Touche principalement le mouvement et/ou le langage
  • La personne est généralement consciente de ce qui lui arrive
  • La rééducation permet souvent une récupération partielle ou totale
  • Peut survenir à tout âge (Bauby avait 43 ans)

La maladie d'Alzheimer :

  • S'installe progressivement sur des années
  • Touche principalement la mémoire et les fonctions cognitives
  • La personne perd progressivement conscience de sa maladie
  • Aucun traitement curatif à ce jour

Ce que les films montrent bien :

  • Dans “Le Scaphandre et le Papillon” : l'esprit est intact, c'est le corps qui est prisonnier
  • Dans “The Father” (Alzheimer) : la personne perd ses repères mentaux mais marche encore

Le saviez-vous ? Un AVC peut provoquer des troubles cognitifs qui ressemblent à Alzheimer. C'est la démence vasculaire, deuxième cause de démence après Alzheimer. Plusieurs AVC successifs peuvent mener à cette forme de déclin cognitif.

Découvrez notre sélection de films sur l'AlzheimerLes 4 types de maladies neurocognitives

Puis-je regarder ces films avec un proche victime d'un AVC ?

Ça dépend du type de séquelles et du stade de rééducation.

Contrairement aux films sur Alzheimer (où la compréhension peut être altérée), les personnes victimes d'un AVC conservent souvent leurs capacités intellectuelles intactes — c'est d'ailleurs ce qui rend leur situation si difficile. Elles peuvent donc pleinement comprendre et apprécier ces films.

“Flawless” ✅ Idéal pour un premier visionnage partagé

  • Ton léger, fin optimiste
  • Montre la rééducation de manière positive
  • Peut redonner espoir et motivation
  • Le personnage de De Niro se bat et progresse

“Un homme pressé” ✅ Très recommandé

  • Ton à la fois drôle et émouvant
  • Montre l'aphasie avec justesse — votre proche peut s'y reconnaître
  • Message positif sur la rééducation et la reconstruction
  • Fabrice Luchini apporte une légèreté bienvenue

“Le Scaphandre et le Papillon” ⚠️ Avec précautions

  • Peut être difficile si les séquelles sont lourdes
  • Risque de confronter la personne à ses propres peurs
  • Mais aussi un message extraordinaire de résilience
  • Prévoyez un temps d'échange après le film

“Seul contre tous” ⚠️ Selon le contexte

  • Sujet connexe (lésions cérébrales traumatiques, pas AVC direct)
  • Peut intéresser les proches curieux de comprendre les atteintes cérébrales
  • Film dense, plutôt destiné à un public informé

“Amour” ❌ Déconseillé avec le proche

  • Montre une dégradation irréversible — peut angoisser
  • Plutôt destiné aux aidants et aux professionnels
  • Peut être utile en amont pour préparer la famille

⚠️ À noter : La fatigue est un symptôme très fréquent après un AVC. Privilégiez des séances courtes ou avec pauses.

Quel film choisir pour un premier visionnage ?

Selon votre situation :

Vous découvrez les séquelles d'un AVC (famille) :

  • “Flawless” (1999) ou “Un homme pressé” (2018)
  • Les plus accessibles et les plus optimistes
  • “Flawless” montre la rééducation par le chant — le duo De Niro / Hoffman est inoubliable
  • “Un homme pressé” montre l'aphasie avec justesse et une touche d'humour — Luchini est bouleversant
  • Message commun : on peut se reconstruire, même différemment

Vous êtes soignant/aidant professionnel :

  • “Le Scaphandre et le Papillon” (2007)
  • Vous fait vivre le locked-in syndrome de l'intérieur
  • Indispensable pour comprendre ce que ressent le patient
  • Excellent pour développer l'empathie et repenser la communication
  • Complétez avec “Seul contre tous” (2015) pour élargir aux lésions cérébrales traumatiques

Vous êtes le conjoint/aidant principal :

  • “Amour” (2012), Palme d'Or
  • Aborde sans tabou la réalité du maintien à domicile
  • Montre l'épuisement de l'aidant avec une vérité crue
  • Soulève les questions de fin de vie et de dignité
  • Attention : film bouleversant, à regarder quand on est prêt

Découvrez toutes nos sélections de films

Comment en parler en famille après le film ?

Guide de discussion post-visionnage :

Étape 1 : Laisser l'émotion s'exprimer (5-10 min)

  • “Ce film était intense, qu'avez-vous ressenti ?”
  • Laissez vivre les réactions : pleurs, silence, colère… Tout cela est normal.
  • Partagez vous-même votre ressenti : “J'ai été bouleversé par…”

Étape 2 : Relier au réel (10-15 min)

  • “Est-ce que vous avez reconnu des situations vécues avec [votre proche] ?”
  • “Qu'est-ce qui vous a surpris par rapport à ce que vous pensiez ?”
  • “Y a-t-il des scènes qui vous ont aidé à comprendre ce qu'il/elle vit ?”

Étape 3 : Questions pratiques (15-20 min)

  • “Qu'est-ce qu'on pourrait faire différemment pour l'accompagner ?”
  • “Comment on s'organise pour la rééducation ?”
  • “De quoi avez-vous besoin personnellement en tant qu'aidant ?”

Étape 4 : Ressources et actions (5 min)

  • Planifiez un rendez-vous avec le neurologue ou le médecin rééducateur
  • Proposez de lire ensemble nos guides pratiques
  • Contactez des associations : France AVC, etc.

Pour les couples :

  • “Amour” peut révéler des peurs non exprimées (devenir un fardeau, perdre son autonomie, la fin de vie). C'est le moment d'en parler.

Communiquer autrement avec un proche malade

J'accompagne un proche après un AVC et je suis épuisé(e) : un film peut-il m'aider ?

Oui, et c'est prouvé scientifiquement !

Études sur la cinéducation médicale :

  • Effet cathartique : Pleurer devant un film libère les émotions refoulées
  • Normalisation : “D'autres vivent la même chose que moi” → moins de solitude
  • Apprentissage émotionnel : Avec l'émotion nous retenons plus d'informations : 65% de rétention contre 5 à 10% pour la lecture
  • Stimulation de l'empathie : Active les mêmes zones cérébrales que l'expérience réelle

Ce que les aidants AVC nous disent après les films :

“Le Scaphandre m'a ouvert les yeux. Mon mari ne peut plus parler, mais après ce film j'ai compris qu'il entend tout, comprend tout, ressent tout. J'ai changé ma façon de lui parler.” — Hélène, 61 ans
“Flawless m'a redonné espoir. Voir De Niro se battre pour récupérer, ça m'a motivée pour accompagner mon père dans sa rééducation.” — Julie, 29 ans
“Un homme pressé, c'est exactement ce que vit mon mari. Les mots qui se mélangent, les chiffres qui n'ont plus de sens. En voyant le film, j'ai enfin compris que ce n'est pas qu'il ne veut pas parler — c'est qu'il ne peut pas.” — Catherine, 55 ans

Comment maximiser les bénéfices :

  1. Regardez avec d'autres aidants : groupe de parole, amis, famille
  2. Notez vos réactions dans un journal après le film
  3. Passez à l'action : ➜ Explorez nos ressources pratiques

Si le film réactive un traumatisme :

  • C'est normal et même sain, cela permet une libération émotionnelle
  • Parlez-en à un psychologue, une association, votre médecin
  • France AVC propose des groupes de parole pour les aidants
Ces films peuvent-ils servir en formation professionnelle ?

Absolument ! Et c'est de plus en plus utilisé.

Utilisations en formation médicale/paramédicale :

Pour les étudiants en médecine/soins infirmiers/orthophonie :

  • Développer l'empathie envers les patients victimes d'AVC
  • Comprendre le vécu subjectif du locked-in syndrome
  • Réfléchir à la communication avec un patient aphasique
  • Aborder les questions d'annonce diagnostique et d'accompagnement

Pour le personnel de rééducation et de neurologie :

  • Formation continue sur l'impact psychologique de l'AVC
  • Comprendre la frustration et la dépression post-AVC
  • Communication adaptée (aphasie, troubles de l'élocution)
  • Relation aidant-soigné-patient : le triangle de la rééducation

Format type d'atelier “Cinéducation” :

  1. Projection d'extraits clés, 15-20 min
  2. Débriefing : “Qu'avez-vous observé ?”
  3. Analyse médicale par un gériatre ou un neurologue
  4. Mise en situation pratique
  5. Élaboration de protocoles adaptés

Extraits recommandés pour formation :

  • “Le Scaphandre et le Papillon” : La scène de l'alphabet (communication alternative, relation orthophoniste-patient)
  • “Le Scaphandre et le Papillon” : Le réveil de Bauby (annonce diagnostique, vécu du patient)
  • “Amour” : La scène du retour à domicile (maintien à domicile, rôle de l'aidant)
  • “Flawless” : La première leçon de chant (rééducation, musicothérapie, alliance thérapeutique)
  • “Un homme pressé” : Les séances d'orthophonie (aphasie, rééducation du langage, patience thérapeutique)
  • “Seul contre tous” : La découverte au microscope (neuropathologie, éthique médicale, courage scientifique)

Vous organisez une formation ?
Contactez-nous pour un webinaire personnalisé sur mesure

Nos formations professionnelles
Échelles et tests d'évaluation

Y a-t-il d'autres films sur l'AVC ?

L'AVC comme sujet central au cinéma reste rare, ce qui rend notre sélection d'autant plus précieuse. Cependant, d'autres œuvres abordent le sujet de manière périphérique :

Films où l'AVC est présent mais pas central :

  • “Intouchables” (2011) — Olivier Nakache & Éric Toland
  • Philippe est tétraplégique suite à un accident de parapente (pas un AVC), mais le film illustre magnifiquement la relation aidant-aidé et la reconstruction après un handicap sévère
  • Driss montre qu'on peut accompagner avec humour et humanité

Documentaires :

  • “My Beautiful Broken Brain” (2014) — Netflix
  • Documentaire autobiographique de Lotje Sodderland après un AVC hémorragique à 34 ans
  • Montre la rééducation cognitive de l'intérieur avec des images expérimentales
  • Rare témoignage d'un AVC chez une personne jeune

Vous connaissez d'autres films sur l'AVC ?Partagez vos découvertes avec nous — nous enrichissons régulièrement cette sélection.

Retrouver notre sélection de films sur le Parkinson

Aller plus loin : Formations Emp@thies #

L'association Emp@thies propose des formations et webinaires sur l'accompagnement des personnes victimes d'AVC, l'empathie dans les soins et l'humanisation des pratiques soignantes.

👉 Découvrir les prochaines formations et webinaires

Ressources et soutien pour les personnes concernées par l'AVC #

Ces films peuvent susciter des émotions et des questions chez les personnes touchées directement ou indirectement par l'AVC. Voici quelques ressources utiles.

Ressources externes :

À propos des auteurs

Dr Eric MAEKER
Dr Eric MAEKER
Médecin Gériatre
Médecin gériatre et psychogériatre, spécialisé en soins palliatifs gériatriques. Fondateur et président de l'association Emp@thies dédiée à l'humanisation des soins. Membre des comités pédagogiques de l'Université Sorbonne. Auteur de publications scientifiques sur l'empathie médicale, les troubles neurocognitifs et la communication thérapeutique. Directeur de plus de vingt mémoires universitaires.
Bérengère MAEKER-POQUET
Bérengère MAEKER-POQUET
Infirmière Diplômée d'État
Infirmière diplômée d'État avec plus de quinze ans d'expérience hospitalière. Co-fondatrice et secrétaire de l'association Emp@thies. Co-auteure de publications scientifiques sur l'empathie médicale, l'annonce diagnostique et les soins centrés sur la personne. Formatrice en soins relationnels et accompagnement humaniste des personnes âgées.

 

Partager sur

Restez en contact #